En cette période d’épidémie, les prêtres de Saint-Louis d’Antin vous proposent des méditations quotidiennes



Méditation du Mercredi 1er Avril 2020

Méditation du 1er avril 2020

P. Marie-Elie Haby


Méditation du Mardi 31 Mars 2020

St Jean 8, 21-30

La semaine sainte approche et Jésus nous presse de l’écouter.  Demandons à l’Esprit Saint de nous faire entrer pleinement dans cette parole si grave : Si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans vos péchés.  Demandons une foi vivante, une foi aimante en Jésus, Fils éternel du Père, la foi qu’il attend de la part de tous ceux à qui le Père l’envoie.  C’est par cette foi dans le Fils de l’homme élevé sur le bois de la croix que nous cessons d’appartenir au monde « d’en bas » qui est soumis au péché ;  c’est par cette foi que nous échappons à la mort dans laquelle le péché nous entraîne.

Jésus est pénétré de la pensée de sa Croix toute proche :  à cette lumière il est poignant de l’entendre ajouter : « celui qui m’a envoyé est avec moi, il ne me laisse jamais seul.  Nous savons pourtant l’âpre délaissement qu’a éprouvé Jésus durant son agonie au jardin des Oliviers, et cette parole si mystérieuse qu’il a prononcée sur sa  Croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?  Il semble que le démon et toutes les forces d’en bas se soient coalisés contre lui à ce moment-là dans un suprême assaut, comme pour lui faire croire que le Père l’avait abandonné.  Mais nous savons aussi que le Père ne pouvait pas vraiment le laisser seul, parce que Jésus fait toujours ce qui lui plaît. A l’heure des ténèbres quand le visage de son Père était voilé pour sa psychologie humaine, Jésus n’a pas reculé devant la mort :  il a fait la volonté du Père « jusqu’au bout », et le Père était avec lui, « se réconciliant le monde » avec lui.

P. Joseph Hunt


Méditation du Dimanche 29 Mars 2020

Les larmes de Jésus devant la mort de son ami Lazare sont les larmes de Dieu devant la mort de chaque homme. Dieu ne fait pas mourir, il ne rappelle pas à lui. Dieu n’entretient aucune complicité secrète avec le mal, la souffrance ou la mort. Notre Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Chaque page de la Bible l’affirme : la mort est le lieu où Dieu n’est pas ! Cette perspective nous invite à revoir notre conception de la toute-puissance de Dieu.

La réponse de Dieu face au drame et au scandale de la mort, c’est la résurrection. En Jésus de Nazareth, Messie et Fils de Dieu, une force de Vie est donnée à notre terre. Dans l’Évangile, Jésus opère trois résurrections : le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïre, le chef de la synagogue de Capharnaüm, et son ami Lazare. Bien sûr, ces résurrections ne sont pas définitives, il faudrait parler plutôt de « retour à la vie ». Seul Jésus est définitivement ressuscité. Dans l’évangile de Saint Jean, la résurrection de Lazare est l’événement qui va précipiter l’arrestation de Jésus, parce que le miracle a provoqué de nombreuses conversions.

Le moteur de la résurrection, c’est l’Amour. Ce que Dieu a fait pour son fils Jésus, il le fera pour chacun d’entre nous. Les résurrections de l’évangile en sont la promesse et le gage.

La foi en la résurrection s’affirme aujourd’hui en aimant la vie parce qu’elle est un don Dieu, en respectant la vie, y compris dans ses manifestations les plus partielles ou les plus blessées.

                                                                                     Père Philippe Desgens


Méditation du Samedi 28 Mars 2020

P. Luc Reydel


Méditation du Vendredi 27 Mars 2020

« Voyons le résultat de sa vie »

Ce  passage  du  Livre  de  la  Sagesse  nous dévoile les  sentiments  et  les  attitudes  des méchants envers la vie et envers les justes. Il est compréhensible que la vie des justes soit insupportable pour eux,  non  seulement  parce  qu’elle est  très  différente de la leur, mais parce qu’ils se sentent interpellés par elle: «il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation».

Un  point  clé  de  cette  vie  différente  est  que  les  justes  «se  vantent  d’avoir  Dieu pour Père» et comptent sur lui en tout temps. Les méchants se défient. Ils vont soumettre le juste  à une épreuve définitive: «Condamnons-le  à  une  mort  infâme,  puisque,  dit-il, quelqu’un interviendra pour lui». Si Dieu est avec lui, il le sauvera et mettra à l’épreuve la bonté de sa vie. «Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires».

Il  nous  est  facile  de  voir  dans  ces  mots  la  mort  du  Christ  et  sa  résurrection  dans  ce passage  du  Livre  de la  Sagesse,  qui  a  été écrit  vers le  milieu  du  1er  siècle  avant  JC. Nous, les disciples du Christ, ceux qui veulent être justes selon la justice de l’Évangile, savons  que  le  même  sort  nous  attend. «Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre» (Jn.15,20)

«Je ne suis pas venu de moi-même:  mais celui qui m’a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez  pas». Il  est  facile  pour  nous  d’appliquer  ce  qui  a  été  dit  dans la  première lecture du Livre de la Sagesse à Jésus-Christ. Les Juifs, principalement leurs autorités, ont déclaré la guerre ouverte à Jésus. « Ils essaient de le tuer. » Sa Parole, en plusieurs points, est très différente de ce qui a été révélé par les autorités religieuses du peuple juif et il les confondus plus d’une fois.

Ils pensent que Jésus veut détruire l’ancienne religion juive, celle qu’ils avaient reçue de Dieu par les patriarches et les prophètes. D’ailleurs, ils ne comprennent pas qu’il n’est pas  venu  pour  abolir  la  Loi mais  pour  l’accomplir: «Ne  pensez  pas  que  je  sois  venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir». (Mt 5,17). En tout cas, certaines personnes soupçonnent que Jésus, sur la base de ses paroles et de ses actions, peut être le Messie souhaité et attendu.

Nous connaissons l’issue de Jésus. Les chefs religieux de l’époque ont réussi à le tuer, le  clouant sur la  croix comme  un damné.  Mais  Dieu  le  Père  était  avec  lui  et  l’a ressuscité  le  troisième  jour: «Cet  homme,  livré  selon  le  dessein  bien  arrêté  et  la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois  par  la  main  des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir». (Ac 2,24)

Nous devons méditer en ce vendredi de Carême la vie, la mort et de la résurrection de Jésus. Car celui qui œuvre pour le bien finit bien; celui qui fait le mal finit mal. Celui qui suit Jésus et vit comme Jésus finit en Jésus, recevant le prix de la résurrection pour une vie de bonheur total et pour l’éternité.

P. Marie-Elie Haby


 

Méditation du Jeudi 26 Mars 2020

Les Juifs qui interrogent Jésus représentent la partie de nous-mêmes, qui, après avoir vu Jésus guérir l’aveugle-né et le paralytique, après l’avoir entendu nous parler de ses œuvres, le contraint de nous répondre sur la vérité de sa parole. Nos lenteurs à croire et à nous convertir se disent toujours dans nos exigences que tout soit justifié.

Mais Jésus, en bonne logique, ne tente pas d’avancer des « preuves » sur la vérité de son discours.  Il convoque des témoins : Jean, les œuvres que le Père donne à son Fils d’accomplir, le Père, en personne, et enfin, l’Écriture, qui lui rendent témoignage.  Cet appel à témoins opère un déplacement.  En effet, il est, désormais, seulement question d’accueillir sa parole.  En appelant ces témoins, Jésus nous oblige à nous situer nous-mêmes par rapport à la vérité de ce que nous sommes.  Ce qui compte n’est pas de prouver la vérité du discours de Jésus, mais de trouver la vérité de notre propre écoute.

Pour demeurer dans la parole du Père, pour demeurer dans son amour, il faut accepter d’être nommé et d’être appelé.  Accepter d’être soi-même un interlocuteur, de rester tourné vers ce visage, d’entendre la parole adressée. Finalement, notre cheminement de carême ne se résume-t-il pas à renoncer à l’illusion de pouvoir vivre par soi-même ?  Les témoins accréditent l’envoyé venu nous révéler le visage du Père ;  ils nous disent l’impérieuse nécessité de choisir de rester tourné vers le visage aimant qui nous invite à accueillir sa parole de vie.

Ainsi, le Père, lui-même, rend témoignage au Fils, d’une part par les signes qu’il lui donne d’accomplir, et d’autre part, par les Écritures. Mais pour recevoir, par la foi, la parole de Jésus, il y a une condition : aimer le Père : Lui obéir et vouloir le glorifier. En un mot : choisir d’être fils.

P. Joseph Hunt


Méditation du Mercredi 25 Mars 2020

Le premier jour de vie humaine du Verbe de Dieu,

Aujourd’hui notre attention est focalisée par l’évangile de saint Luc sur le récit de l’Annonciation. Nous voyons la rencontre entre le porteur de la volonté de Dieu, l’archange Gabriel et la liberté de la Bienheureuse Vierge Marie. L’investissement de la Sainte Trinité à s’associer la condition humaine, se présente dans toute sa force, et reste cependant suspendu à l’assentiment, à l’accueil de Marie. La logique de la Révélation fonctionne toujours de la même manière : Dieu prend l’initiative et se propose à la liberté de l’homme. Ce qu’il y a de fascinant est de constater le calme et le bon sens de la Vierge. La puissance de Dieu, aussi infinie soit-elle, respecte la liberté humaine.

Aujourd’hui est aussi la fête de l’Incarnation au sens strict du terme : 9 mois avant Noël, le temps d’une grossesse, le Verbe divin se fait chair dans le secret du sein de Marie. C’est le premier jour de la Nouvelle Alliance où dans la personne de Jésus, un œuf humain, puis un embryon, ensuite un fœtus et enfin un bébé, unit la nature humaine et la nature divine. C’est dans cette forme si dépendante de Marie, si fragile, qu’il pénètre dans la condition humaine. Il se nourrit du ventre de Marie, avant près de 33 ans plus tard de nourrir de son Corps et de son Sang eucharistiques les hommes de sa vie divine.

Aujourd’hui est le premier jour de la vie humaine du Christ. Il partage les mêmes commencements que les nôtres.

P. Antoine Devienne


Méditation du Mardi 24 Mars 2020

Le prophète Ezéchiel est un visionnaire. Son inspiration n’est pas faite uniquement de mots, de sentences ou de messages sonores que Dieu lui a insufflés. Il a devant les yeux de son imagination les scènes suggérées par le Très Haut. La plupart de ce qu’il « voit » n’est pas advenu, et appartient au plein salvateur divin. Cette inspiration est très importante pour Ezéchiel comme pour le peuple qu’il accompagne en déportation le long des rives du fleuve Kébar, non loin de Babylone. Il faut plus que des raisonnements pour espérer. Ezéchiel voit de loin le Temple de Jérusalem, dont il ne reste plus que cendres fumantes et des pierres calcinées depuis que Nabuchodonosor l’a fait incendier. C’est avec une vision qu’on fait espérer, quand le cœur s’empare de ce que l’intelligence peine parfois à saisir.

Il le voit à distance dans l’espace et dans le temps. Son regard transperce même la frontière qui sépare l’histoire des hommes des profondeurs de la pensée de Dieu. Le Temple qu’il voit ne sera pas celui reconstruit par Néhémie et Esdras près de 100 ans plus tard, celui qu’Hérode le Grand a fait agrandir, que le Christ a foulé de ses pieds, et que les Romains finiront une nouvelle fois à mettre à bas. Le temple qu’Ezéchiel voit est un Temple qui n’est pas fait de main d’homme. Sa vision voit une source qui sort de ce temple et qui vient vivifier comme un torrent de plus en plus grondant et impétueux les eaux insalubres de la Mer morte.

Ezéchiel voit comme en énigmes une réalité que nous contemplons tous les jours quand nous levons nos regards vers le crucifix : le Temple nouveau, non fait de main d’homme, est le corps du Seigneur Jésus, l’eau qui jaillit de son côté est la source du baptême, et les fruits excellents, la profusion des animaux, les remèdes sont les fruits que ce baptême est appelé à produire. Ezéchiel a bien vu, pas encore assez loin pour que la vision allégorique achève de céder la place à la réalité par laquelle nous avons été régénérés.

P. Antoine Devienne


Méditation du Lundi 23 Mars 2020

P. Luc Reydel


Méditation du Dimanche 22 Mars 2020

4ème dimanche du Carême
Ou
Dimanche de la joie

Peut-on oser parler de la joie en cette période difficile que nous traversons ? En ce 4ème dimanche du Carême et malgré la pandémie du coronavirus qui frappe le monde entier, l’Église nous invite à la joie, c’est ce qu’on appelle le dimanche du Lætare (se réjouir). Elle nous appelle à expérimenter une joie profonde, une grande allégresse car la Pâque approche. C’est aussi la joie des catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême la nuit de Pâques malgré les circonstances difficiles. Car pour nous chrétiens, le baptême nous arrache au pouvoir des ténèbres et du péché et nous offre de participer à la vie divine. Saint Paul nous le dit dans sa lettre aux Éphésiens : « Autrefois, vous étiez dans les ténèbres. Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumières. » (Deuxième lecture).

Ce temps de Carême est une chance qui nous ouvre un chemin de conversion, surtout en ce temps de confinement imposé. Comme Jésus était cause d’une grande joie pour cet aveugle de naissance dont parle l’Évangile de ce jour à qui il donne la vue corporelle et spirituelle, il pourra l’être pour nous aussi. Nous sommes invités pendant ce temps qui nous est offert à sortir de notre aveuglement c’est à dire de l’endurcissement du cœur et des péchés. L’aveugle a cru et il a reçu la lumière du Christ.

Nous aussi, nous avons reçu la lumière de Jésus-Christ et il faut que cette lumière éclaire toute notre vie. Le Seigneur nous l’a déjà dit, « vous êtes la lumière du monde …De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5,14 ; 16). Cette lumière doit briller par la sainteté de notre vie afin qu’elle attire ceux qui ne la connaissent pas encore. Elle nous aide à voir les personnes et les événements de la vie avec le regard de Dieu non pas à la manière du monde car « Les hommes regardent les apparences » (Première lecture). Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Alors nous qui sommes maintenant dans la peine notre cœur se réjouira ; et notre joie, personne ne nous l’enlèvera. (Jn 16,22).

P. Marie-Elie Haby


Méditation du Samedi 21 Mars 2020

Si nous sommes honnêtes nous devons reconnaitre que nous avons tous une pente vers une certaine complaisance pour nous-mêmes.  Parce que nous pratiquons peut-être très fidèlement notre religion, à l’exemple de ce pharisien zélé, nous risquons de nous considérer comme des gens bien. Nous n’avons pas encore compris cette parole de Dieu dans Osée : C’est l’amour que je veux et non les sacrifices.  Au lieu de glorifier notre Père pour ce qu’il est, notre action de grâce regarde trop souvent ce que nous sommes ou pis : elle consiste à nous comparer avantageusement avec « le reste des hommes ». C’est ce jugement et ce mépris par rapport à ses frères que Jésus reproche au pharisien, autant que son attitude par rapport à Dieu. Supplions Jésus en ce carême de changer radicalement notre esprit et notre cœur, et de nous donner l’humilité du publicain qui lui a trouvé l’attitude et la prière justes en face de Dieu. Nous ne comprendrons jamais assez que notre amour est en stricte proportion de notre humilité. Ce que nous pouvons faire de mieux aussi saints que nous soyons est de nous humilier devant Dieu. Il y a des moments où l’action de grâce ne sort pas facilement de notre cœur, mais nous pouvons toujours faire la prière de Jésus : Sois indulgent au pécheur que je suis. Cette prière, Jésus l’exauce toujours. L’humilité n’a rien à voir avec un quelconque complexe de culpabilité ou d’infériorité. C’est une disposition d’amour. Elle suppose que nous ayons fait l’expérience que notre état de pécheur attire l’amour miséricordieux de notre Père, car « celui qui s’abaisse sera élevé ». Elle suppose que nous soyons entrés dans l’esprit du Magnificat.

P. Joseph Hunt


Méditation du Vendredi 20 Mars 2020

L’évangile de ce jour (Marc 12, 28-34) nous replace au coeur de l’enseignement de Jésus…

Habituellement les questions posées à Jésus par les scribes et les pharisiens sont malveillantes et destinées à le mettre à l’épreuve. Pour une fois, il n’en est rien : « quel est le premier de tous les commandements ? » était une question débattue dans les milieux rabbiniques. Ce scribe reconnaît donc à Jésus compétence et autorité pour y répondre !

La réponse de Jésus est à la fois originale et pas originale du tout…

Pas originale parce qu’il se contente de citer la Parole de Dieu, plus exactement deux versets qui se trouvent dans deux livres différents de l’Ancien Testament. Le premier est extrait du Deutéronome (Dt 6, 4-5 ) « Ecoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu… ». Il s’agit de la profession de foi juive (Shema Israël) que chacun doit réciter le matin au réveil et le soir avant de s’endormir… profession de foi qui réaffirme un monothéisme stricte et révèle que l’amour que Dieu demande doit mobiliser tout notre être (coeur, âme, esprit et force). Les juifs ont l’habitude de dire que nous devons aimer Dieu avec tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons.

Le second verset est extrait du Lévitique (Lv 19, 18) : prescription de l’amour du prochain.

La réponse de Jésus est cependant très originale parce qu’elle soude définitivement les deux commandements… au point que Saint Jean commentera dans sa Lettre (1Jn 4, 20) : « Si quelqu’un dit j’aime Dieu et qu’il n’aime pas son frère, c’est un menteur. Car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas ».

La réponse de Jésus révèle également que l’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain doit avoir les mêmes qualités : gratuité et don de soi.

Décidément, il faut croire qu’aimer n’est pas si naturel à l’homme pour que Dieu en ait fait un commandement… le plus grand de tous les commandements !

Père Philippe Desgens


Méditation du 19 mars 2020

 Aujourd’hui, nous fêtons la saint Joseph. Alors que nous sommes cloitrés dans nos logis et résignés à une sorte de silence social, Il est assez étonnant de constater que nous partageons avec lui ce silence. En effet, dans les évangiles, il n’est jamais narré que saint Joseph eût ouvert la bouche. Nous ne connaissons aucune de ses paroles, et c’est bien par les actes qu’il est le plus éloquent. Il éclaire l’obéissance et la disponibilité de Marie par son propre engagement à servir le dessein divin de l’Incarnation. Il est le côté masculin et paternel de la sainte Famille, celui qui protégea l’Enfant-Dieu de la vindicte criminelle d’Hérode, celui qui prodigua l’éducation et la formation au travail du Seigneur, celui qui l’introduisit à la connaissance des Saintes Écritures, que même les gens modestes savaient lire à début de notre ère chrétienne.

Le silence de saint Joseph est plus éloquent que beaucoup de traités de théologie. Il nous invite à l’attention et à la vigilance intérieures, à être plus prompts à faire qu’à parler, à comprendre que notre vie familiale, amicale, sociale ou civique est appelé à être illuminée de l’intérieur par notre foi, plus qu’elle n’est agitée par les soubresauts de l’actualité ou de l’agitation.

Saint Joseph, priez pour nous,

Gardien de la Sainte Famille, veillez sur les nôtres qui se confient à vous.