entretien avec le Père
Christian Lancrey-Javal, curé
" Un souvenir de prêtre"
Mes souvenirs les plus forts sont évidemment liés à la Semaine Sainte, à la fête de Pâques. Nous confessons toute la semaine : à Saint-Louis d’Antin, c’est comme dans un sanctuaire, on ne fait que ça, du matin au soir. Magnifique et épuisant. Un fleuve de péchés dans l’Océan de la Miséricorde.
Le samedi soir, à quelques heures de la veillée pascale, l’afflux de pénitents diminue enfin, et on commence à respirer, à reprendre souffle, comme un temps de répit, avant la célébration de la nuit.
Et là, il y a deux ans, vers sept ou huit heures du soir, un jeune couple, tout mignon, m’a arrêté dans le couloir, demandant à me voir : ils m’annonçaient leur mariage. Je les connaissais de vue, des habitués du dimanche soir.
Nous sommes entrés dans la pièce la plus proche, qui était déjà préparée pour le chocolat chaud d’après la veillée, et on a pris trois chaises dans un coin, comme on sait si bien le faire dans l’Eglise, et cet inconfort n’avait aucune importance. Deux tout mignons.
A ce moment-là de la journée et de la semaine, après des jours de confession, à quelques heures de la célébration de Pâques, avec les baptêmes qui allaient avoir lieu, cette annonce de mariage, cet amour humain à consacrer par le Seigneur venait dire toute la vie de l’Eglise et du prêtre. Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants !
Entretien avec les prêtres :